Starless And Bible Black (King Crimson/1974)

•novembre 7, 2007 • Laisser un commentaire

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Avec son précédent album, le grandiose “Lark’s Tongues In Aspic” en 1973, King Crimson nous avait agréablement surpris en changeant de cap dans une sorte de rock émancipé proche de l’électrojazz et de la musique contemporaine. Avec ce “Starless And Bible Black”, King Crimson atteint des sommets encore plus grands et il nous signe une oeuvre profonde, puissante, agressive, sombre, intimiste et tout simplement rock. L’album représente le nec plus ultra de la discographie du grand roi cramoisi du rock progressif (avec “Red” qui sortira la même année). King Crimson évolue, ici, dans une forme avant tout instrumental reposant sur l’improvisation à l’image de “Fracture” ou du morceau éponyme “Starless And Bible Black”: montées de tension, rythmiques endiablées, guitares ésotériques. Le seul instrumental vraiment structuré est le magnifique et émouvant “Trio”, évoluant dans des sonorités à la fois lyriques et mélancoliques.

Mais King Crimson sait, toujours, nous composer des petites chansons merveilleuses à l’image de “The Night Watch”, magnifique morceau romantique, mélancolique et lyrique sans, pour autant, sombrer dans une mièvrerie affligeante. “The Great Deceiver” qui ouvre l’album est, également, un grand moment, c’est un rock agressif et nerveux comme le groupe a toujours su en faire avec talent.

Cet album, souvent difficile d’accès, est donc un véritable chef-d’oeuvre. C’est un album riche, glacial, sombre et torturé qui ne laisse pas l’auditeur indifférent et qui aura un impact et une influence énorme sur la musique contemporaine malgré qu’il ne soit pas très connu du grand public (qui pense que King Crimson se résume à “In The Court Of The Crimson King”). Inquiétant, sinistre, fascinant, cet album est un très grand moment de musique: Une merveille!

Chronique écrite par Mathieu (2007)

The Velvet Underground And Nico (The Velvet Underground/1967)

•août 22, 2007 • 1 Commentaire

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The Velvet Underground fut un des groupes majeurs de la scène underground new-yorkaise ayant eu une énorme influence sur des artistes comme David Bowie, Marc Bolan, Television voir même, plus récemment les Strokes. Ce groupe, totalement inconnu à son époque, est, aujourd’hui, devenu quelque chose de culte dans le domaine du rock des sixties autant que les Kinks ou les Doors. Mais cet album culte que vaut-il franchement? C’est un album de pop, ce n’est pas mauvais mais ce n’est pas “grandiose” non plus comme l’on très vite crié tout une bande de rock-critics. Cet album me rappelle le “Forever Changes” de Love (un autre “chef-d’oeuvre” à ce qu’il paraît), c’est un mélange de chansons pop bonnes, intéressantes, ennuyeuses ou mauvaises.

Lou Reed, le leader du groupe et chouchou des plumitifs, est un artiste très surestimé, musicien très passable, parolier médiocre et pas du tout convaincant (enfin pour moi) et un très très très (j’insiste) mauvais chanteur. Le meilleur de l’album reste, sans aucun doute, les chansons chantées par Nico (qui a une voix bien plus belle que celle de Lou Reed): “Femme Fatale”, “All Tomorrow’s Parties” et “I’ll Be Your Mirror” sont de très belles chansons, simples, agréables et joviales, elles sont fraîches. Le reste est déjà beaucoup moins intéressant.

“Venus In Furs” et “The Black Angel’s Death Song” développent des thèmes intéressants mais deviennent vite trop lassants, remplis de longueurs et de remplissages bien inutiles. Lou Reed propose tout de même quelques jolis titres pop et agréables: le fameux “Sunday Morning” ou encore “There She Goes Again”. Mais bon des morceaux comme “Im Waiting For The Man” ou “Run, Run, Run” sont très lourds et ont terriblement mal vieillis. Quant au final “European Son”, il sonne un peu comme le Velvet Underground voulant se caricaturer. Les paroles de Lou Reed (qu’il faudrait prendre pour de la poésie à ce qu’il paraît) sont, en grande partie, centralisées sur la drogue, les junkies et des “perversions modernes”, elles ne sont pas très intéressantes, plutôt fades et assez grotesques.

En conclusion ce premier album du Velvet Underground n’a rien d’un chef-doeuvre, il contient des passages intéressants mais l’album est beaucoup trop incomplet même si il s’agit du meilleur album du groupe (le reste n’est pas mauvais mais totalement ennuyeux). Je pense qu’à la fin des années 1960 il y a eu des albums bien plus intéressants (et dans des registres différents) que ce soit “Sgt Peppers” des Beatles, “In The Court Of The Crimson King” de King Crimson, “The Piper At The Gates Of Dawn” de Pink Floyd, “Trout Mask Replica” du Captain Beefheart ou même “Forever Changes” de Love……

Chronique écrite par Mathieu (2007)

Selling England By The Pound (Genesis/1973)

•août 22, 2007 • Laisser un commentaire

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Genesis est un de ces groupes de rock progressif dont le gros défaut est de toujours en faire trop, en faire des tonnes. C’est en grande partie à cause de ce défaut qu’une grande partie de leurs albums ont très mal vieillis aujourd’hui, heureusement il nous reste ce “Selling England By The Pound” sortit en 1973. Avec cet album, Genesis semble mettre un peu de côté le style des albums précédents comme “Nursery Cryme” ou “Foxtrot” pour se concentrer sur une musique moins figée et plus fraîche. Aujourd’hui “Selling England By The Pound” est, probablement, l’album du groupe qui s’écoute le mieux: moins daté que “Nursery Cryme” , moins prétentieux que “Foxtrot” et bien plus complet que “The Lamb Lies Down On Broadway”, l’ensemble sonne bien.

En effet on trouve des titres de grande qualité sur ce “Selling England By The Pound”, notamment le titre qui ouvre l’album. “Dancing With The Moonlight Knights” est un excellent morceau, la mélodie est belle, l’ambiance est prenante, les montées de tension sont bien construite et ça tient encore bien la route plus de trente ans après. Combien de morceaux de Genesis peuvent en dire autant…..? “The Cinema Show” est aussi très bon, une des meilleures pièces de Genesis (toutes périodes confondues). La première partie est une belle ballade féerique très réussie, quant à la seconde, il s’agit d’un long passage aux claviers. Tony Banks, pour une fois, fait quelque chose de plutôt intéressant sans en faire des tonnes.

Mais le gros moment de l’album reste sans aucun doute “Firth Of Fifth”. Certainement le meilleur morceau de Genesis: neuf minutes où rien n’est dispensable. Tony Banks, dans son jeu, enlève toutes les prétentions symphoniques qui faisaient du tort à l’album “Foxtrot”, et nous propose une délicieuse mélodie agréable et lyrique. Peter Gabriel est à son avantage, sa prestation vocale évolue dans un registre qui lui correspond bien et il n’en fait pas des tonnes. Les intermèdes à la flûte viennent apporter une petite touche féerique à la King Crimson tout en apportant beaucoup de chaleur à la chanson. Mais surtout Steve Hackett peut enfin se manifester à la guitare et il nous signe un solo de guitare magnifique, vivant et flamboyant, à son écoute on peut se demander pourquoi un guitariste si talentueux à perdu autant de temps dans un groupe qui ne le laissé pas suffisamment se manifester. Le reste de l’album est moins bon, il contient des passages corrects sans qu’ils atteignent des sommets mais restant tout de même sympathiques. Il y a juste “More For Me” avec Phil Collins au chant qui préambule déjà les pires moments de Genesis repris par tonton Phil.

Ce “Selling England By The Pound” n’est pas vraiment un chef-d’oeuvre (venant de moi, ça ne vous étonne pas), mais c’est certainement le meilleur album de Genesis et un des rares qui s’écoutent encore bien aujourd’hui. Cet album montre (avec “The Musical Box” sur l’album “Nursery Cryme”) que Genesis avait un certain potentiel pour proposer des morceaux intéressants. Dommage que ce dernier se soit enfoncé dans des grosses prétentions symphoniques lourdes et maladroites et qu’il n’ai pas continué dans la voie de cet album. L’album suivant, “The Lamb Lies Down On Broadway”, sonnera comme la fin du Genesis période Peter Gabriel, le groupe repris par Phil Collins sombrera dans une pop fade très proche de la variété.

Chronique écrite par Mathieu (2007)

Tago Mago (Can/1971)

•août 13, 2007 • Laisser un commentaire

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Can était un de ces groupes allemands du début des années 1970 et qui était une des figures symboliques du mouvement artistique nommé Krautrock et qui comptenait quelques grands groupes comme Amon Düül II ou Faust. “Tago Mago” est un des albums les plus connus du mouvement Krautrock et certainement le plus connu du groupe Can, enfin quand je dis “connu”, vous risquez pas d’entendre ce genre de musique à la radio…. La plupart du temps avec les albums dits historiques, il y a deux genres de disques: les chefs-d’oeuvre ou alors les albums surestimés (soit ce sont des albums sympathique mais sans plus, ou alors ce sont des grosses daubes plus indigestes les unes que les autres). A quelle catégorie appartient donc cet album? J’ai envie de dire aux chefs-d’oeuvre, car je pense sincèrement que c’est un grand disque.

Le “Tago Mago” de Can est un grand moment sonore, un album d’une liberté totale, d’une ouverture musicale grandiose. Une sorte de voyage fascinant et extraordinaire qui entraîne l’auditeur dans un autre univers, un univers impossible à décrire correctement tellement les voies musicales empruntées sont énormes, impossible à décrire correctement car cette musique semble venir d’ailleurs, elle ne ressemble à aucun genre précis et c’est peut-être pour ça qu’elle est puissante, elle n’est accrochée à aucun style, elle possède une liberté totale. C’est une musique sans aucune concession. Le titre d’ouverte, “Paper House” annonce la couleur, c’est excentrique, ésotérique et étrangement fascinant, les percussions sont explosifs (c’est un des gros points forts de ce disque), la guitare avec ce son un peu antique apporte un charme irrésistible au morceau et au disque.

Le sommet du disque reste, à mon humble avis, les deux longues pièces expérimentales “Aumgn” (17 minutes) et “Peking O” (11 minutes). 28 minutes d’expérimentations sonores incroyables et impressionnantes. Ne vous demandez pas dans quelle direction vont ces morceaux, ils ne vont nulle part et c’est là que se trouve leurs génies, impossible de les décrires par des mots, ces deux morceaux, qui sont une épouvantable cacophonie pour certains et de magnifiques pièces avant gardistes pour d’autres, explosent dans tous les coins et portent le disque à son zenith.

Je dirais que le seul défaut de cet album est le fait qu’il soit très très difficile d’accès. La liberté artistique totale et le manque de direction affirmée de cette musique fait que certains auront beaucoup de mal à adhérer à la musique de Can et particulièrement à cet album. Mais cet album reste essentiel et il fait partit des grands monuments de la musique contemporaine. Un grand moment!

Chronique écrite par Mathieu (2007)

Three Friends (Gentle Giant/1972)

•août 13, 2007 • Laisser un commentaire

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Le rock progressif est un courant musical où l’on trouve l’excellent et le mauvais. Mais Gentle Giant se classe plutôt du côté des excellents, ce vieux groupe du début des années 1970 ont proposés pendant quelques années des albums excellents, originals, variés et très riches. Ce “Three Friends” est certainement un de leurs meilleurs albums (bien meilleur que “Octopus” même, alors que certains progueux veulent à tout prix mettre celui là à la première place). Tous les titres sont bons et ils ont plutôt bien vieillis malgré que la production de l’album sonne un peu “antiquité” en effet, mais ça apporte un certain charme non négligeable au disque.

Nous avons le droit ici à un album conceptuel ce qui explique la répétition de certains thèmes, mais le tout est construit intelligent et la musique ne devient jamais ennuyeuse et encore moins soporifique. Le concept du disque narre l’histoire et le parcours de trois amis d’enfance. Les paroles sont très humoristiques, portées merveilleusement bien par un ton léger et joviale, un sentiment de dérision sur certains titres qui apporte de jolies couleurs à l’album.

Le “Prologue” de l’album est excellent, les plages de guitares sont bien construites, très travaillées et superlatives, les claviers sont aussi de bon goût, les choeurs sont intéressants sans que tout cela sonne “ringard” ou “pompeux”, l’ensemble sonne formidablement bien. “Schooldays” est, probablement, le meilleur morceau de l’album. La mélodie et la rythmique aux claviers et piano est excellente, agréable et facilement mémorisable et soutenue par une superbe guitare basse, les voix sont géniales, maitrisées et prenant de belles envolées lyriques. “Working All Day” est un bon morceau rock, le titre est bien soutenu par un excellent riff de guitare, les cuivres sont très bons aussi et les interventions de claviers plutôt originales. “Peel The Paint” est aussi un grand moment de l’album, la mélodie est en grande partie basée sur les claviers et les violons, mais le morceau est coupé par un formidable solo de guitare grandiose et épique.

Le final “Mister Class And Quality”/”Three Friends” est excellent et se place à côté des grands moments du rock progressif avec “Epitath” de King Crimson ou “Heart Of The Sunrise” de Yes: Un grand moment, je ne vais pas écrire pleins de lignes dessus, écoutez ce morceau ça sera bien mieux. Au final, cet album reste de grande qualité et il s’écoute de façon très agréable encore aujourd’hui, une petite perle à posseder.

Chronique écrite par Mathieu (2007)

 
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