Tago Mago (Can/1971)

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Can était un de ces groupes allemands du début des années 1970 et qui était une des figures symboliques du mouvement artistique nommé Krautrock et qui comptenait quelques grands groupes comme Amon Düül II ou Faust. “Tago Mago” est un des albums les plus connus du mouvement Krautrock et certainement le plus connu du groupe Can, enfin quand je dis “connu”, vous risquez pas d’entendre ce genre de musique à la radio…. La plupart du temps avec les albums dits historiques, il y a deux genres de disques: les chefs-d’oeuvre ou alors les albums surestimés (soit ce sont des albums sympathique mais sans plus, ou alors ce sont des grosses daubes plus indigestes les unes que les autres). A quelle catégorie appartient donc cet album? J’ai envie de dire aux chefs-d’oeuvre, car je pense sincèrement que c’est un grand disque.

Le “Tago Mago” de Can est un grand moment sonore, un album d’une liberté totale, d’une ouverture musicale grandiose. Une sorte de voyage fascinant et extraordinaire qui entraîne l’auditeur dans un autre univers, un univers impossible à décrire correctement tellement les voies musicales empruntées sont énormes, impossible à décrire correctement car cette musique semble venir d’ailleurs, elle ne ressemble à aucun genre précis et c’est peut-être pour ça qu’elle est puissante, elle n’est accrochée à aucun style, elle possède une liberté totale. C’est une musique sans aucune concession. Le titre d’ouverte, “Paper House” annonce la couleur, c’est excentrique, ésotérique et étrangement fascinant, les percussions sont explosifs (c’est un des gros points forts de ce disque), la guitare avec ce son un peu antique apporte un charme irrésistible au morceau et au disque.

Le sommet du disque reste, à mon humble avis, les deux longues pièces expérimentales “Aumgn” (17 minutes) et “Peking O” (11 minutes). 28 minutes d’expérimentations sonores incroyables et impressionnantes. Ne vous demandez pas dans quelle direction vont ces morceaux, ils ne vont nulle part et c’est là que se trouve leurs génies, impossible de les décrires par des mots, ces deux morceaux, qui sont une épouvantable cacophonie pour certains et de magnifiques pièces avant gardistes pour d’autres, explosent dans tous les coins et portent le disque à son zenith.

Je dirais que le seul défaut de cet album est le fait qu’il soit très très difficile d’accès. La liberté artistique totale et le manque de direction affirmée de cette musique fait que certains auront beaucoup de mal à adhérer à la musique de Can et particulièrement à cet album. Mais cet album reste essentiel et il fait partit des grands monuments de la musique contemporaine. Un grand moment!

Chronique écrite par Mathieu (2007)

~ par syd67 le août 13, 2007.

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